Les maoïstes suisses et « l’or de Pékin » au cœur de la Guerre froide (1964-1976)

Unique parti maoïste reconnu par Pékin en Suisse, le Parti Communiste Suisse / Marxiste-Léniniste (PCS/ml) a entretenu entre 1964 et 1989 une relation privilégiée avec la République Populaire de Chine. Celle-ci a non seulement offert un soutien matériel, mais aussi une légitimité politique à des militants poussés à une fidélité sans faille, au gré des revirements politiques à la tête du gouvernement chinois.

Cette communication proposera donc d’analyser la place et l’influence des ressources financières et symboliques mises à disposition par le Parti Communiste Chinois à ce petit groupe révolutionnaire helvétique en pleine Guerre froide. Dans un premier temps, nous reviendrons sur l’importance méthodologique des enjeux pécuniaires dans les recherches sur le mouvement maoïste. Eludée par les militants et surévaluée par les services de renseignements, l’ingérence d’une puissance étrangère et potentiellement ennemie demeure l’arlésienne d’une histoire transnationale de la propagande chinoise. Dans un second temps, nous examinerons les structures et les méthodes employées par les prochinois pour développer leurs activités avec l’appui de Pékin. Il sera notamment question du rôle central de l’ambassade chinoise à Berne ainsi que celui des associations d’amitié avec la Chine, tous deux instruments du soft power chinois.

Au travers de ces réflexions, nous démontrerons à quel point « l’or de Pékin » a été un sujet tabou pour les militants et un objet de fantasme pour la Bundespolizei. La Confédération apparaîtra ici comme une plaque tournante internationale, et la diffusion de la pensée maozedong en Suisse sera présentée sous ses allures les plus sonnantes et trébuchantes.

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