Le rôle d’une « petite puissance » européenne dans la réintégration de l’Egypte dans l’économie mondiale. Les relations Suisse-Egypte, 1970-1981

L’Egypte sous Nasser était l’un des champions du processus de décolonisation à l’échelle internationale. Cependant, suite à l’échec des politiques anticoloniales du nationalisme arabe, notamment après la défaite contre Israël dans la Guerre de six-jours (1967), un renversement rapide s’est opéré. Avec l’avènement de Sadate au pouvoir en 1970, les alignements politiques de l’Egypte, ainsi que son orientation économique, se sont modifiés. Une intégration dans le bloc occidental s’est opérée dans un rapport de force inégal, donnant lieu à une véritable ruée entre les puissances occidentales pour le marché égyptien. Ceci a amené certains auteurs à parler d’une véritable « recolonisation » qui se serait opéré dans le monde Arabe.

Les rapports économiques intimes entre la Suisse et l’Egypte avaient été fortement perturbés par la révolution égyptienne et la politique nationaliste de Nasser. Le renversement sous Sadate a cependant ouvert des possibilités de réimplantation économique suisse au Nile.

Cette contribution vise à suivre les étapes de la réintégration de l’Egypte dans le monde capitaliste occidental à travers les actions de la Confédération et des entreprises suisses. Ces activités étaient nombreuses, allant de la conclusion d’accord promouvant les investissements, à des accords de crédits officiels. En déchiffrant l’éventuel rôle de la Suisse dans cette réintégration durant les années 1970, nous envisageons d’analyser la nature des rapports qui se sont (re)instaurés avec un pays occidental. On va tenter de voir si ceux-ci peuvent être lus comme un prolongement des rapports semi-coloniaux inégaux, ou les concevoir dans le cadre de nouveaux rapports de force internationaux.

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