Les prestations familiales face aux normes d’égalité en France

A la sortie de la Seconde guerre mondiale est promu en France un modèle familial qui est celui de la famille traditionnelle, basée sur la division sexuée des rôles avec monsieur Gagnepain dont l’activité professionnelle couvre les risques de toute la famille. Ce modèle est centré autour de trois caractéristiques : un soutien aux familles nombreuses (allocation familiale universelle à partir du deuxième enfant), un système de redistribution horizontale par le système du quotient familial introduit dans la fiscalité (des célibataires et des couples sans enfants vers les couples avec enfants) plutôt que vertical (des familles les plus riches vers les familles pauvres), l’institutionnalisation du mouvement familial. Les évolutions de la famille, depuis les années 1970, par le travail des femmes et l’augmentation des divorces ont conduit la politique familiale à s’adapter et à évoluer : ciblage de dispositifs notamment vers les familles monoparentales, politique de soutien à la conciliation vie professionnelle et vie familiale. La politique familiale combine ainsi à la fois des éléments progressistes et traditionnels. Notre proposition porte sur la manière dont les fondements de la politique familiale française ont évolué au regard de l’intégration de référentiels d’égalité des sexes. Nous montrerons comment historiquement les politiques familiales et les politiques d’égalité des sexes répondent à deux référentiels qui entretiennent des injonctions contradictoires : l’un répond à davantage d’égalité entre les membres du couple, notamment dans le droit mais également pour maintenir les femmes sur le marché du travail, et l’autre maintient une politique nataliste.

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