Ressources et militantismes en Suisse au 20e siècle. Ressourcen und Aktivismus in der Schweiz im 20. Jahrhundert

Dans la dynamique du renouvèlement de l’histoire politique en Suisse (Müller et David 2007 ; Bott et al. 2013), la question du militantisme est centrale pour « donner chair » aux mouvements et partis du 20e siècle, comme le montre l’intérêt actuel pour les trajectoires biographiques des militant.e.s des « années 1968 » (Pereira et Schär 2012). Ce panel propose de relier les perspectives « macro » et « micro » sur les organisations politiques au 20e siècle en interrogeant leurs ressources, comprises au sens propre (finances, matériel) et figuré (capital économique, culturel ou social pour parler avec Pierre Bourdieu). Une telle approche en termes de ressources offre en effet un angle d’approche concret et situé sur les possibilités d’action des organisations politiques, mais aussi de prendre en compte les luttes de pouvoir dont elles peuvent faire l’objet. Ce faisant, ce panel vise également à développer une réflexion transversale sur les conditions des militantismes suisses au 20è siècle, en mettant en regard des organisations aux ancrages politiques et sociaux variés.

En ce sens, il s’agira de discuter l’importance des ressources pour le militantisme à deux niveaux :

Premièrement, on s’intéressera à la place des ressources financières dans les organisations politiques, aussi bien en tant que nécessité vitale qu’en tant qu’objet de lutte politique. Quel(s) enjeu(x) représentent-elles pour les militant.e.s dans leurs actions ? Quelle place la recherche de fonds prend-elle dans l’activité militante, et quels sont les moyens employés à cette fin ? Quels conflits contribuent à faire émerger la question des ressources à l’intérieur et à l’extérieur des organisations ? On interrogera en particuliers le rapport des organisations militantes à l’argent, c’est-à-dire les critiques qu’ils formulent à l’égard du « pouvoir » de l’argent dans la société, et la manière dont ils tentent de formuler et d’imposer de nouvelles manières de faire de la politique, notamment dans le sillage des contestations de 1968.

Deuxièmement, on se tournera vers les ressources du militantisme au sens figuré, notamment la capacité des organisations à s’inscrire dans l’espace public, à forger et entretenir des réseaux et groupes de pression dans les différents espaces de la vie sociale (politique, mais aussi médiatique et économique). Les particularités du champ politique suisse au 20e siècle, notamment dans l’après-guerre, offre un contexte d’analyse pertinent en raison de la grande cohésion des élites et de la multipositionalité de ces acteurs.rices au sein de diverses institutions, entreprises, syndicats, et partis politiques, ou encore dans les différentes associations économiques, patriotiques, religieuses et culturelles. Il s’agira en ce sens d’ouvrir la « boîte noire » de la dynamique de l’espace politiques, en s’intéressant tant aux différentes positions occupées par les acteurs de cet espace qu’à leur capacité à les faire évoluer.

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